Accéder au contenu principal

EP39_Croissance externe, actionnariat salarié, rénovation énergétique : comment structurer un groupe de 100 à 420M€ en 8 ans ? Avec Frédéric Viet

Rénovation énergétique bâtiment et croissance externe : la vision pragmatique de BUILD pour structurer un groupe BTP en 2026

Dans l’épisode de BUILD consacré à Frédéric Viet, Président de Myrium, une idée forte s’impose : l’avenir du bâtiment ne repose pas sur des discours abstraits, mais sur une stratégie concrète de transformation du parc existant. La rénovation énergétique des bâtiments constitue un marché de fond, mais elle ne peut pas être abordée comme une doctrine uniforme. Elle doit s’inscrire dans une logique de maintenance, d’usage, de performance, de temporalité technique et de réalité économique. Dans le même temps, la croissance externe ne peut produire de valeur durable que si elle s’appuie sur une culture commune, une gouvernance claire et un haut niveau d’exigence opérationnelle. L’épisode BUILD met ainsi en lumière une conviction structurante : en 2026, les groupes BTP qui progresseront seront ceux qui sauront à la fois faire durer, transformer, intégrer et exécuter.

Le bâtiment entre dans une nouvelle phase de son développement

Le secteur du bâtiment connaît une mutation profonde. Le ralentissement du neuf modifie durablement les équilibres de marché. Dans le même temps, les enjeux de performance énergétique, de sobriété foncière et de valorisation du patrimoine immobilier prennent une place centrale dans les décisions des maîtres d’ouvrage, des investisseurs et des exploitants. Cette évolution change la nature même de la croissance dans le BTP.

C’est précisément ce que met en évidence l’épisode de BUILD consacré à Frédéric Viet. Son analyse ne se limite pas à la rénovation énergétique au sens strict. Elle propose une lecture beaucoup plus structurée du marché. Selon lui, le véritable enjeu consiste à faire durer ce qui a déjà été construit, à adapter les bâtiments aux usages actuels et à intégrer l’amélioration énergétique dans une stratégie globale de transformation.

Cette approche rappelle qu’un bâtiment représente déjà un investissement considérable en capital, en matière, en énergie grise et en organisation. Dès lors, la bonne question n’est pas seulement de savoir comment rénover plus, mais comment rénover mieux, au bon moment, avec les bons arbitrages techniques et économiques.

Dans BUILD, Frédéric Viet défend une rénovation énergétique lucide et non dogmatique

L’un des apports les plus intéressants de cet échange réside dans la manière dont Frédéric Viet refuse les approches simplificatrices. Il rappelle qu’un bâtiment coûte cher à construire et qu’il doit donc être pensé sur le temps long. Cette observation conduit à une conséquence très concrète : on ne peut pas engager des travaux lourds uniquement sous l’effet d’un mot d’ordre énergétique, sans tenir compte de l’état réel du bâti, de son cycle de maintenance et des investissements déjà réalisés.

L’exemple du ravalement est particulièrement éclairant. Si une façade a été rénovée récemment, lancer immédiatement une isolation thermique par l’extérieur peut revenir à détruire de la valeur au lieu d’en créer. De la même manière, une toiture patrimoniale, une chaufferie en fin de vie ou un ensemble technique vieillissant doivent être traités au moment opportun, avec une logique d’optimisation, non avec une logique de répétition mécanique.

Cette vision distingue clairement la communication de principe et la stratégie d’exécution. Dans le bâtiment, la rénovation énergétique n’est pas un slogan. Elle relève d’un travail d’ingénierie, d’un calendrier technique et d’une hiérarchisation des priorités.

Rénovation globale ou rénovation par gestes : le pragmatisme plutôt que le dogme

Le débat entre rénovation énergétique globale et rénovation par gestes traverse aujourd’hui tout le secteur. Sur ce point, Frédéric Viet adopte une position nette. Il plaide pour le pragmatisme. Il considère qu’imposer la rénovation globale comme unique horizon conduirait à ralentir massivement la transformation du parc, faute de moyens, de capacité d’exécution et de cohérence patrimoniale.

À l’inverse, la rénovation par gestes permet d’agir de manière progressive et rationnelle. Lorsqu’une couverture arrive en fin de cycle, il devient pertinent d’améliorer son isolation. Lorsqu’une chaufferie doit être remplacée, il faut évaluer l’opportunité d’une pompe à chaleur, d’un raccordement à un réseau de chaleur ou d’un système plus performant. Lorsqu’un ravalement est prévu, l’hypothèse d’une isolation thermique par l’extérieur mérite d’être examinée. Cette logique ne relève pas du renoncement. Elle relève d’une stratégie de transformation continue du parc bâti.

Cette nuance est primordiale pour les entreprises du bâtiment. Elle signifie que la performance énergétique ne se construit pas uniquement à travers des chantiers spectaculaires. Elle progresse aussi grâce à une multitude de décisions techniques pertinentes, alignées sur la vie réelle des ouvrages. BUILD met ici en avant une pensée de terrain, précise, crédible et directement exploitable par les professionnels.

La transformation du parc immobilier existant devient le vrai marché stratégique

L’épisode insiste également sur un point de fond : le futur du secteur se joue dans la capacité à redonner de la durée de vie aux bâtiments existants. Cette perspective dépasse la seule rénovation énergétique. Elle englobe la réhabilitation, la conversion d’usage, la modernisation technique, la requalification patrimoniale et l’adaptation aux besoins locaux.

Frédéric Viet rappelle d’ailleurs que certains territoires disposent de trop de bureaux et pas assez de logements. Dès lors, la réflexion sur le bâtiment ne peut pas se limiter à la seule consommation d’énergie. Elle doit intégrer la localisation, l’accessibilité, la demande locale, la fonctionnalité du bien et même sa qualité esthétique. Autrement dit, la rénovation énergétique bâtiment n’a de sens que si elle s’inscrit dans une lecture plus large de la valeur d’usage du patrimoine.

Cette approche renforce la portée éditoriale de l’article. Elle permet de parler non seulement d’efficacité énergétique, mais aussi de transformation du parc immobilier, de maintien de la valeur, d’adaptation aux nouveaux usages et de stratégie immobilière de long terme. C’est précisément ce qui fait de cet épisode BUILD une ressource utile pour les dirigeants de groupes BTP, les acteurs multi-techniques et les décideurs patrimoniaux.

Le groupe multi-technique prend un avantage décisif dans ce nouveau cycle

Dans ce contexte, les groupes capables de croiser maintenance, exploitation, travaux, réhabilitation et amélioration énergétique disposent d’un positionnement particulièrement solide. Ils peuvent intervenir non seulement sur le chantier ponctuel, mais aussi sur la trajectoire de vie complète du bâtiment. Cette continuité crée un avantage stratégique réel.

L’épisode BUILD montre bien que cette logique multi-technique n’est pas seulement une addition de métiers. Elle correspond à une certaine manière d’aborder le bâtiment : entretenir, maintenir, faire durer, adapter et transformer. Le bâtiment n’est plus seulement un produit livré. Il devient un actif à piloter, à faire évoluer et à rendre compatible avec de nouveaux standards techniques, économiques et environnementaux.

Pour les entreprises du BTP, cette évolution est majeure. Elle signifie que la croissance ne viendra pas seulement de l’augmentation du volume de chantiers neufs. Elle viendra de la capacité à accompagner les maîtres d’ouvrage dans une logique de cycle de vie, de performance durable et de transformation progressive du patrimoine bâti.

Croissance externe bâtiment : une stratégie utile à condition d’être structurée

L’autre apport central de l’épisode BUILD concerne la croissance externe. Sur ce sujet, Frédéric Viet adopte une position très claire : la croissance externe ne doit jamais devenir une finalité autonome. Elle n’a de sens que si elle prolonge un modèle qui fonctionne déjà, une culture qui tient dans la durée et une ambition cohérente pour le groupe.

Cette précision est importante. Dans de nombreux groupes BTP, le build-up est parfois présenté comme un accélérateur évident. Or l’épisode rappelle que toute acquisition crée aussi de la complexité, des besoins d’intégration, des risques culturels et des exigences de pilotage. La bonne opération n’est donc pas nécessairement celle qui ajoute le plus de chiffre d’affaires. C’est celle qui renforce le projet collectif sans le déformer.

Frédéric Viet insiste d’ailleurs sur la culture comme premier filtre. Lorsqu’un écart de culture existe sur des sujets fondamentaux, notamment la sécurité, le rapport au collectif ou la manière de travailler, il considère qu’il vaut mieux renoncer à l’opération. Cette discipline constitue un enseignement particulièrement fort pour les dirigeants du BTP qui souhaitent changer d’échelle sans fragiliser leur organisation.

Structurer un groupe BTP exige un socle commun clair

Cet épisode de BUILD ne se contente pas d’évoquer l’intérêt d’un modèle décentralisé. Il décrit aussi les conditions qui permettent à ce modèle de fonctionner. L’autonomie locale n’exclut pas la rigueur. Elle suppose au contraire l’existence d’un socle partagé. Chez Myrium, ce socle passe notamment par une stratégie commune, un langage économique homogène, des politiques de sécurité claires et une exigence de résultats lisible à l’échelle du groupe.

Sur le pilotage économique, le message est limpide : si chaque entité parle un langage différent, le groupe devient illisible. Sur la sécurité, le propos est tout aussi fort : les objectifs doivent être communs, même si les modes opératoires diffèrent selon les métiers. Un électricien, un couvreur ou un technicien intervenant en hauteur ne sont pas exposés aux mêmes risques, mais tous doivent appartenir à la même culture de prévention.

Cette articulation entre autonomie opérationnelle et discipline de groupe constitue probablement l’un des points les plus précieux de l’épisode. Elle montre qu’un groupe du bâtiment peut croître sans basculer dans l’hyper-centralisation, à condition de distinguer clairement ce qui relève des libertés locales et ce qui relève des exigences collectives.

Le modèle décentralisé répond à la réalité des chantiers

Frédéric Viet défend une conviction forte : dans les métiers du bâtiment, chaque projet est différent et doit être piloté au plus près du terrain. Cette idée structure tout le modèle présenté dans BUILD. Les entreprises du groupe conservent un niveau élevé d’autonomie, parce que la proximité avec le client, la réactivité et la responsabilité locale conditionnent directement la qualité d’exécution.

Cette logique est particulièrement pertinente dans la rénovation énergétique bâtiment. Chaque immeuble possède sa propre histoire, ses contraintes architecturales, ses usages, ses pathologies, son rythme de maintenance et son potentiel d’amélioration. Aucun modèle standard ne peut convenir à tous les cas. Un pilotage trop centralisé risquerait donc d’écraser l’intelligence de terrain au moment même où celle-ci est la plus nécessaire.

L’épisode souligne à juste titre que la culture commune peut être plus puissante que l’empilement des procédures. Dans un groupe diversifié, les procédures ne peuvent pas tout prévoir. En revanche, des valeurs réelles, une confiance professionnelle partagée et une exigence commune de travail bien fait peuvent produire un niveau de cohérence bien plus robuste.

Ce que l’épisode BUILD dit réellement aux dirigeants du BTP en 2026

Cet épisode ne parle pas uniquement de rénovation énergétique. Il propose une doctrine de direction pour les entreprises du bâtiment. Il dit que le marché de demain sera celui de la transformation du parc existant. Il dit que la croissance durable suppose une organisation capable de tenir ensemble expertise technique, ancrage local, culture commune et vision de long terme. Il dit aussi que le build-up ne remplace ni le travail bien fait ni la qualité d’exécution.

Pour les dirigeants, cinq enseignements ressortent avec netteté.

La rénovation énergétique bâtiment constitue un marché structurel, mais elle doit être pensée dans une logique de cycle de vie et non comme une injonction uniforme.

La transformation du parc immobilier existant devient un axe stratégique majeur pour le BTP, qu’il s’agisse de réhabilitation, de conversion d’usage ou de modernisation technique.

La croissance externe ne produit de valeur que si elle respecte un filtre culturel strict et une logique de long terme.

Le modèle décentralisé constitue une réponse adaptée aux métiers de proximité, à condition qu’il repose sur un cadre commun solide.

Enfin, la performance durable d’un groupe BTP dépend autant de sa gouvernance que de ses compétences techniques.

Conclusion

L’intérêt de cet épisode BUILD tient à sa densité stratégique. Frédéric Viet y expose une pensée du bâtiment à la fois opérationnelle, exigeante et profondément réaliste. Sa vision de la rénovation énergétique refuse les effets de mode. Sa lecture de la croissance externe refuse les logiques de volume sans cohérence. Son modèle de groupe refuse les centralisations excessives qui affaiblissent le terrain.

Pour toutes les entreprises du BTP qui cherchent à se structurer en 2026, le message est clair : la croissance durable ne naît ni d’un slogan énergétique ni d’une accumulation d’acquisitions. Elle naît d’une capacité à comprendre les bâtiments dans leur temps long, à intégrer les bonnes expertises, à choisir les bons partenaires et à faire travailler ensemble des équipes responsables, proches du terrain et alignées sur une culture commune. C’est précisément ce que cet échange de BUILD met en lumière.

AUTRES ÉPISODES

EP02_De zéro à 100M€ : créer et vendre son entreprise en partant d'une cité HLM avec l’entrepreneure Stéphanie Delestre (Jury QVEMA, M6, QAPA…)

EP30_Comment scaler son business ? Les secrets d'Alec Henry : les erreurs à éviter et les clés pour structurer sa croissance

EP39_Croissance externe, actionnariat salarié, rénovation énergétique : comment structurer un groupe de 100 à 420M€ en 8 ans ? Avec Frédéric Viet

EP03_Build in public : comment Théo Lion de Coudac a construit un business à 5M€ sur YouTube, avec 60 employés et 5 entités en remote

EP04_Lutter contre la pollution plastique et dépolluer les océans : Simon Bernard & l’expédition de Plastic Odyssey - 3 ans sur un bateau

EP41_REDIFFUSION EXCEPTIONNELLE : Comment Petzl a construit une entreprise solide - avec Paul Petzl | Entrepreneuriat, croissance, management

EP40_Vision, cash, croissance : le vrai danger qui bloque la croissance des entreprises, un échange avec Samuel Tual (MEDEF & Groupe Actual)

EP38_Construire un leader du vin sans alcool (16M€ de CA, 65 pays) avec Mathilde Boulachin (Chavin)

EP37_De Yoopies à Worklife : pivoter, lever 4M€, vendre au Crédit Agricole & révolutionner la HR Tech - le pivot startup de Benjamin Suchar

EP35_Diriger une PME en France : la réalité (RSE, décisions difficiles) et ce que personne ne dit - avec Catherine Guerniou de la FFB

À LIRE ÉGALEMENT

Podcast Business : écoutez BUILD, le podcast des dirigeants et bâtisseurs par Xavier Rodriguez

Podcast Business : écoutez BUILD - version non retravaillée

Paul Petzl : le parcours d’un dirigeant guidé par la responsabilité, la confiance et le progrès