EP38_Construire un leader du vin sans alcool (16M€ de CA, 65 pays) avec Mathilde Boulachin (Chavin)
Créer une entreprise est déjà un défi. Créer un marché dans un secteur conservateur relève d’une autre dimension.
C’est précisément ce qu’incarne Mathilde Boulachin. Invitée du podcast BUILD dans un épisode consacré à la construction d’un leader du vin sans alcool, elle y raconte une trajectoire peu commune : celle d’une entrepreneure partie de zéro, qui a lancé Chavin et transformé une intuition de niche en entreprise internationale. L’épisode présente Chavin comme une maison pionnière du vin sans alcool, construite jusqu’à 16 millions d’euros de chiffre d’affaires, présente dans 65 pays, avec 90 % de l’activité réalisée à l’export.
Ce qui rend son parcours particulièrement intéressant, ce n’est pas seulement la croissance de l’entreprise. C’est la nature même du pari initial. Lorsque Mathilde Boulachin se lance, le vin sans alcool n’est pas encore une catégorie installée. Le marché est embryonnaire, l’univers du vin reste fortement codifié, et peu d’acteurs croient à l’émergence d’une offre premium désalcoolisée. BUILD résume d’ailleurs très clairement l’enjeu de l’épisode : créer un marché là où personne n’y croit, structurer une croissance internationale, comprendre les logiques de distribution B2B et bâtir une entreprise autofinancée dans un secteur traditionnel.
Une entrepreneure qui a créé son propre marché
Mathilde Boulachin n’est pas présentée comme l’héritière naturelle d’un empire viticole, mais comme une bâtisseuse. Dans BUILD, son parcours sert d’exemple à celles et ceux qui veulent comprendre comment une intuition peut devenir une catégorie stratégique, à condition d’y associer vision, discipline et exécution. L’épisode met en avant la création d’un marché de niche, l’évangélisation des distributeurs et des restaurateurs, ainsi que la nécessité d’innover dans une industrie déjà solidement installée.
La singularité de son aventure tient aussi à la temporalité. Mathilde Boulachin n’a pas attendu que le vin sans alcool devienne un sujet grand public pour s’y positionner. Elle a anticipé un basculement de consommation. Aujourd’hui, Chavin se présente comme un créateur de vins aux profils innovants, avec des collections sans alcool, faibles en degrés ou pensées pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. La maison met elle-même en avant sa spécialisation dans l’innovation, ainsi que son positionnement dans le No/Low Alcohol et la “sober curiosity”.
C’est en cela que Mathilde Boulachin occupe une place à part dans le paysage entrepreneurial français. Elle n’a pas simplement suivi une tendance montante. Elle a contribué à lui donner une forme, un langage, un positionnement et une crédibilité.
Une biographie ancrée dans l’international
Le parcours de Mathilde Boulachin aide à comprendre cette vision. Chavin indique sur son site officiel qu’elle est originaire de Champagne et la présente comme une experte du marketing et de l’analyse des tendances de consommation interculturelles. La maison précise aussi que son long passage en Suède a influencé en profondeur son modèle d’entreprise, notamment dans sa démarche d’engagement sociétal et dans sa lecture des marchés.
Cet ancrage international n’est pas un détail biographique. Il semble au contraire avoir structuré sa manière de penser le développement. Dans un secteur aussi identitaire que le vin, l’international apprend vite une chose essentielle : le savoir-faire français ne suffit pas à lui seul. Il faut savoir le traduire, le positionner, le distribuer et l’adapter à des cultures de consommation différentes. Le site de Chavin insiste d’ailleurs sur cette expertise en tendances interculturelles, ce qui éclaire bien la stratégie d’expansion de l’entreprise.
Cette culture export devient un levier décisif dans la croissance de Chavin. BUILD souligne que l’un des enseignements clés de l’épisode est justement de comprendre pourquoi l’export peut accélérer le cash-flow d’une entreprise et renforcer sa structuration. Cette idée est centrale dans le parcours de Mathilde Boulachin : plutôt que d’attendre une validation immédiate du marché français, elle a choisi de construire là où la réception à l’innovation semblait plus ouverte.
De zéro à leader français du vin sans alcool
Le récit de BUILD insiste sur un point essentiel : Chavin est parti de zéro. C’est cette origine qui donne sa force au parcours de Mathilde Boulachin. L’épisode la présente comme une entrepreneure ayant bâti un groupe international dans une catégorie encore peu reconnue au départ.
Le raisonnement stratégique est limpide. La consommation d’alcool évolue. Les attentes de modération progressent. Le marché cherche de nouvelles réponses. Pourtant, l’offre qualitative reste longtemps insuffisante. En se positionnant tôt sur le vin sans alcool, Mathilde Boulachin n’a pas seulement lancé un produit. Elle a choisi d’occuper un espace encore vide, avec une ambition claire de crédibiliser cette catégorie.
Le choix du premium a joué un rôle déterminant. Le site de Chavin insiste sur des packagings pensés, une approche élégante et moderne, et une gamme conçue pour satisfaire des attentes de goût et d’expérience. Ce positionnement montre que la promesse n’a jamais été de proposer une simple boisson de substitution, mais de construire une vraie expérience produit, capable de parler aux codes du vin et aux nouveaux usages de consommation.
Cette stratégie permet de comprendre pourquoi Chavin a pu s’installer comme une référence. Quand un marché est naissant, la bataille ne se joue pas seulement sur la présence. Elle se joue sur la définition même de la catégorie. En choisissant d’emblée une exécution premium, Mathilde Boulachin a contribué à faire sortir le vin sans alcool de l’image gadget pour l’installer dans un univers plus exigeant.
Une stratégie de croissance à contre-courant
L’un des enseignements les plus intéressants de l’épisode BUILD tient à la logique de croissance choisie. L’international n’est pas venu après la validation du marché domestique. Il a été, au contraire, l’un des moteurs initiaux de la traction. BUILD insiste sur la croissance internationale, l’export comme accélérateur de cash-flow et la nécessité de comprendre la distribution B2B pour structurer une PME en hypercroissance.
Le résultat est visible dans les chiffres mis en avant par l’épisode : Chavin est présent dans 65 pays et réalise 90 % de son chiffre d’affaires à l’export. Cette proportion dit beaucoup. Elle révèle une entreprise qui n’a pas construit sa légitimité uniquement dans son marché domestique, mais en allant chercher des relais de croissance sur des territoires plus réceptifs à l’innovation et aux nouvelles habitudes de consommation.
Cette stratégie produit plusieurs effets vertueux. Elle génère du chiffre, elle solidifie la structure financière, elle crée une légitimité internationale, puis elle rejaillit sur la perception de la marque en France. Autrement dit, l’export n’est pas seulement un débouché. Il devient un levier de crédibilité.
Dans un secteur traditionnel, cette approche est loin d’être évidente. Beaucoup d’entreprises cherchent d’abord à rassurer leur marché d’origine. Mathilde Boulachin semble avoir compris qu’un marché émergent se construit souvent là où les résistances sont les plus faibles et où la curiosité pour l’innovation est déjà installée. C’est une leçon stratégique forte pour toutes les PME qui veulent grandir sans attendre la permission de leur marché naturel.
Une vision business structurée
Ce qui ressort aussi de l’épisode, c’est la clarté de la vision business. BUILD annonce explicitement que l’on y parle de structuration, de différenciation, de distribution et de croissance autofinancée. Cela place immédiatement Mathilde Boulachin dans une posture de dirigeante structurée, bien au-delà du simple récit inspirant.
Le modèle de Chavin repose sur plusieurs piliers visibles dans les sources publiques : innovation produit, collections différenciées, attention au packaging, maîtrise du positionnement et développement international discipliné. Le site officiel présente la maison comme un créateur de marques et de vins aux profils innovants, incluant des gammes biologiques, HVE, désalcoolisées, non fermentées ou sans conservateurs, ce qui confirme une logique d’innovation continue plutôt qu’un simple mono-produit.
À cela s’ajoute la distribution, que BUILD décrit comme “le nerf de la guerre”. Dans une catégorie nouvelle, la qualité du produit ne suffit pas. Il faut convaincre des acheteurs, ouvrir des canaux, structurer des volumes, rassurer les partenaires et faire exister l’offre dans les bons points de vente. L’épisode insiste également sur la nécessité d’évangéliser distributeurs et restaurateurs, ce qui montre bien que le développement de Chavin a aussi reposé sur un travail patient de pédagogie marché.
Enfin, la communication joue un rôle central. Quand une catégorie est encore jeune, elle ne se vend pas toute seule. Il faut expliquer, montrer, faire goûter, rassurer et repositionner les imaginaires. Là encore, le parcours de Mathilde Boulachin illustre une idée simple : sans distribution, pas de volume ; sans innovation, pas de différenciation ; sans communication, pas de marché.
Leadership et résilience entrepreneuriale
Le podcast BUILD met explicitement en avant la résilience entrepreneuriale comme l’un des thèmes forts de l’épisode. Ce choix n’a rien d’anodin. Lancer une entreprise dans l’univers du vin, avec une proposition aussi disruptive que le sans alcool, suppose de traverser beaucoup de scepticisme, de refus et d’incompréhensions initiales.
Le leadership de Mathilde Boulachin apparaît justement dans cette capacité à tenir un cap dans un environnement peu favorable. Son parcours tel qu’il est présenté par BUILD n’est pas celui d’une hypercroissance improvisée. C’est celui d’une construction patiente, disciplinée, où la structuration compte autant que l’audace. Le fait que l’épisode mette aussi l’accent sur les “clés d’une croissance autofinancée” renforce cette lecture : il ne s’agit pas seulement de vision, mais aussi de gestion prudente, de trésorerie et d’indépendance stratégique.
Le site de Chavin complète cette image en présentant Mathilde Boulachin comme une dirigeante à la fois créative, audacieuse et engagée, avec un modèle d’entreprise inspiré par des valeurs de respect, d’ouverture et de considération de tout l’écosystème. Cette dimension managériale donne de l’épaisseur à son leadership : il n’est pas seulement commercial ou stratégique, il s’inscrit aussi dans une certaine manière de bâtir.
Le fait que Chavin soit encore dirigé par sa fondatrice et que sa trajectoire soit régulièrement saluée pour ses performances économiques et stratégiques renforce encore cette idée de leadership durable. Les distinctions mises en avant par la maison, comme Women Equity 2016 ou Top 20 du vin par Vitisphere, témoignent d’une reconnaissance qui dépasse le seul produit.
Ce qui la différencie
Mathilde Boulachin ne se contente pas d’accompagner une tendance. Elle l’a anticipée. C’est sans doute ce qui la distingue le plus nettement.
Elle combine plusieurs qualités rarement réunies avec autant de cohérence : une lecture sociétale des nouvelles consommations, une exécution opérationnelle disciplinée, une maîtrise du positionnement premium et une vision internationale très structurée. Les sources publiques de Chavin la décrivent comme une experte en marketing et en analyse des tendances de consommation interculturelles, ce qui correspond précisément à cette capacité d’anticipation.
Elle se différencie aussi par son rapport au temps. Là où beaucoup auraient pu chercher une croissance spectaculaire à court terme, son parcours donne l’impression d’une construction durable. BUILD parle de structuration, de croissance autofinancée et de résilience. Ce vocabulaire n’est pas celui de l’effet de mode. C’est celui d’une entreprise qui cherche à durer.
Enfin, elle se distingue par sa capacité à rendre crédible un marché qui ne l’était pas encore. Dans le vin sans alcool, il ne suffisait pas de lancer une référence. Il fallait changer les perceptions. C’est probablement là que son leadership a eu le plus d’impact.
Pourquoi elle était invitée dans BUILD
Le choix de Mathilde Boulachin comme invitée de BUILD paraît particulièrement cohérent. Le podcast met en avant des entrepreneurs, des bâtisseurs et des stratégies gagnantes. Or son parcours coche précisément ces cases : création de marché, croissance internationale, distribution B2B, innovation produit et résilience entrepreneuriale sont tous mentionnés dans la présentation officielle de l’épisode.
Elle incarne une forme d’entrepreneuriat stratégique qui intéresse directement l’audience de BUILD. Non pas seulement parce qu’elle a construit une belle entreprise, mais parce qu’elle montre comment on peut bâtir dans un secteur traditionnel sans se contenter de reproduire les règles existantes. Son cas parle à tous ceux qui cherchent à lancer une offre disruptive, à structurer une PME en croissance ou à faire de l’export un vrai levier de développement.
Son épisode apporte ainsi bien plus qu’un portrait. Il offre une lecture très concrète de ce que signifie construire un marché, tenir une position différenciante et développer une entreprise dans la durée.
Conclusion
Mathilde Boulachin démontre qu’un marché peut être créé à partir d’une intuition forte, à condition d’y associer rigueur, discipline et vision. Son parcours avec Chavin montre qu’il est possible d’innover dans un univers conservateur, de structurer une croissance internationale et de transformer une catégorie émergente en véritable axe stratégique. BUILD présente d’ailleurs son histoire comme celle d’une maison pionnière du vin sans alcool, partie de zéro et devenue un acteur international de référence.
Son épisode dans BUILD vaut donc autant pour son contenu business que pour sa portée entrepreneuriale. C’est une leçon de création de marché, de stratégie export, de distribution et de leadership dans la durée.
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